🎯 Sujet 44 · Grand Oral accessible · Probabilités et espérance

Comment savoir si un jeu de fête foraine est vraiment équitable ?

Un dé, trois lots possibles, un prix à payer : le calcul de l’espérance révèle le véritable bilan moyen du jeu.

≈ 10 minutesParcours guidéSupport facile à refaire15 questions + 5 relances

Une question concrète et accessible

Comment savoir si un jeu de fête foraine est vraiment équitable ?

Variable aléatoireLoi de probabilitéEspéranceRépétition indépendante

L’espérance décrit un résultat moyen à long terme : elle ne prédit jamais le gain d’une partie particulière.

Exposé rédigé — environ 10 minutes

Ce texte est une trame d’entraînement. Les horaires indiquent le rythme visé ; présenter avec ses mots et refaire les calculs sur le support.

00:00 – 01:05

Une roue de chance… ou de calcul

Imaginez une fête de village. Un stand propose de lancer un dé équilibré : si le six sort, on reçoit un lot valant 6 euros ; avec quatre ou cinq, un lot de 3 euros ; avec un, deux ou trois, aucun lot. Le droit de jouer coûte 2,50 euros. Les règles semblent simples, les lots attirants. Pourtant, une question se pose : le stand est-il avantageux pour le joueur, ou pour l’organisateur ?

La réponse demande de distinguer ce que nous pouvons gagner une fois et ce que nous pouvons espérer gagner en moyenne. Je vais transformer ce jeu en une variable aléatoire, calculer son espérance et expliquer pourquoi un jeu peut rapporter parfois tout en faisant perdre de l’argent en moyenne.

01:05 – 02:15

Mettre les règles en langage mathématique

Je suppose que les six faces du dé sont équiprobables. Il s’agit d’un modèle : un dé truqué modifierait tous les calculs. Notons \(Y\) la valeur du lot reçu avant le paiement. Trois montants sont possibles. Six euros arrivent sur une face, soit une probabilité \(1/6\). Trois euros arrivent sur deux faces, soit \(2/6\). Le lot nul correspond aux trois autres faces, soit \(3/6\).

La somme des probabilités vaut bien un, ce qui vérifie que nous avons envisagé tous les cas possibles. Décrire précisément les issues est la première étape. Sans cela, une belle formule ne sert à rien.

02:15 – 03:35

Le calcul décisif : l’espérance

L’espérance de la variable aléatoire \(Y\) se calcule en multipliant chaque valeur possible par sa probabilité, puis en additionnant. Ici, \(E(Y)=6\times\frac16+3\times\frac26+0\times\frac36=2\) euros. Ce résultat n’est pas l’un des lots possibles : on ne gagne jamais exactement 2 euros de lot. Il représente une moyenne mathématique.

Le ticket coûte 2,50 euros. Si je note \(X=Y-2{,}50\) le gain net, j’utilise la linéarité de l’espérance : \(E(X)=E(Y)-2{,}50=-0{,}50\) euro. En moyenne, chaque partie représente donc une perte de cinquante centimes pour le joueur.

03:35 – 04:45

Un jeu équitable, cela veut dire quoi ?

On qualifie de jeu équitable un jeu dont le gain net a une espérance nulle. L’équité ne veut pas dire que tous les joueurs reçoivent la même chose, ni qu’ils gagnent une partie sur deux. Elle signifie uniquement qu’à long terme les gains et les pertes moyens s’équilibrent dans le modèle.

Pour notre stand, le prix équitable est donc exactement 2 euros : c’est la valeur moyenne du lot. Si le ticket coûte davantage, l’espérance du joueur est négative. S’il coûte moins, elle devient positive. Nous venons de trouver une méthode générale pour fixer le prix théorique d’un jeu.

04:45 – 05:55

Pourquoi peut-on gagner et pourtant perdre ?

Un joueur peut lancer le dé et obtenir six : il reçoit un lot de 6 euros, pour seulement 2,50 euros dépensés. Il gagne alors 3,50 euros sur cette partie. À l’inverse, avec une face un, deux ou trois, il perd immédiatement le prix du ticket. Les résultats individuels varient beaucoup.

La probabilité de gagner un lot de valeur supérieure au ticket est ici \(3/6=1/2\), puisque les faces quatre, cinq ou six suffisent. On pourrait donc dire : « Une chance sur deux de sortir gagnant ! » C’est vrai, mais incomplet. Cela ne dit rien de la taille des gains et des pertes. L’espérance réunit ces deux informations.

05:55 – 07:05

Répéter le jeu et comprendre les moyennes

Supposons que nous jouions vingt parties indépendantes, en payant à chaque fois. La somme des gains est \(S=X_1+\cdots+X_{20}\). Même si les gains individuels sont aléatoires, l’espérance de leur somme est facile à trouver : \(E(S)=20E(X)=-10\) euros.

Attention : cela ne veut pas dire qu’on perd exactement dix euros après vingt lancers. On peut gagner ou perdre davantage. Si l’expérience se répète un très grand nombre de fois dans les mêmes conditions, la moyenne observée tend à se rapprocher de l’espérance, ce qu’explique la loi des grands nombres.

07:05 – 08:10

Que nous apprend un simulateur ?

Un simulateur peut lancer virtuellement le dé plusieurs centaines de fois et afficher le gain net moyen observé. Pour dix parties, le résultat peut être éloigné de moins cinquante centimes. Pour dix mille parties, il devient généralement beaucoup plus proche. Le simulateur illustre un phénomène ; il ne remplace pas le calcul qui donne l’espérance exacte.

En changeant le prix du ticket, nous pouvons aussi vérifier que l’espérance baisse du même montant. Si le prix augmente d’un euro, l’espérance du joueur baisse exactement d’un euro. La variable aléatoire donne ainsi un outil simple pour comparer plusieurs offres.

08:10 – 09:20

De la fête aux décisions quotidiennes

Cette notion n’est pas réservée aux jeux. Une assurance, par exemple, repose sur une comparaison entre les coûts possibles, leurs probabilités et la prime payée. Les organisateurs de jeux, les assureurs et les entreprises raisonnent avec des montants moyens, tout en tenant compte des fluctuations et des dépenses réelles.

Dans mon exemple, j’ai volontairement confondu valeur annoncée du lot et valeur réelle pour celui qui joue. Ce n’est pas toujours vrai : un cadeau affiché à six euros peut valoir beaucoup moins pour son destinataire. L’analyse repose donc sur des hypothèses explicites.

09:20 – 10:00

Conclusion : mieux lire une règle du jeu

Nous avons répondu à la question : ce jeu à 2,50 euros n’est pas équitable pour le joueur parce que son gain net moyen vaut moins cinquante centimes. Le même jeu deviendrait équitable à 2 euros, dans notre modèle.

Je retiens surtout une idée : la question intéressante n’est pas simplement « Quelle est ma chance de gagner ? », mais « Combien puis-je gagner ou perdre, et avec quelles probabilités ? ». C’est exactement ce que résume l’espérance mathématique.

Les calculs à savoir refaire au tableau

Un dé équilibré : \(P(Y=0)=3/6\), \(P(Y=3)=2/6\), \(P(Y=6)=1/6\).
\[E(Y)=0\times\frac36+3\times\frac26+6\times\frac16=2\ \text{€}.\]
\[X=Y-c\quad\Longrightarrow\quad E(X)=2-c.\]
\[c=2{,}50\ \text{€}\quad\Longrightarrow\quad\boxed{E(X)=-0{,}50\ \text{€}}.\]
\[\text{Jeu équitable}\iff E(X)=0\iff\boxed{c=2\ \text{€}}.\]
\[E(X_1+\cdots+X_n)=n(2-c).\]

Support visuel reproductible en 20 minutes

Le schéma regroupe les idées clés. Pour la préparation, reproduire une figure, le calcul décisif et une hypothèse suffit.

Support graphique du sujet 44 : Comment savoir si un jeu de fête foraine est vraiment équitable ?

À l’oral, montrer le schéma tout en expliquant ce que représentent les valeurs.

Petit laboratoire — comprendre en manipulant

Chaque partie simule un dé indépendant. La moyenne peut être positive sur une courte série malgré une espérance négative.

15 questions du jury — avec réponses détaillées

Commencer par les cinq premières, puis s’entraîner à répondre sans lire.

1. Qu’est-ce qu’un dé équilibré ?
Un dé équilibré est un modèle dans lequel chacune des six faces a une probabilité \(1/6\). Cette hypothèse permet de calculer exactement les probabilités du jeu.
2. Pourquoi distingue-t-on valeur du lot et gain net ?
La valeur du lot est ce qu’on reçoit ; le gain net retire le prix du ticket. Un lot de trois euros avec un ticket de 2,50 euros rapporte réellement 0,50 euro.
3. Quelles sont les valeurs de la variable \(Y\) ?
Elle vaut zéro, trois ou six euros. La loi de probabilité associe à chacune les probabilités respectives \(3/6\), \(2/6\), \(1/6\).
4. Pourquoi la somme des probabilités vaut-elle un ?
Les six faces se répartissent en trois cas incompatibles couvrant tous les résultats. Les probabilités totalisent \((3+2+1)/6=1\).
5. Comment calcule-t-on l’espérance de \(Y\) ?
On additionne chaque valeur multipliée par sa probabilité : \(0\times3/6+3\times2/6+6\times1/6=2\) euros.
6. Peut-on recevoir exactement deux euros dans ce jeu ?
Non. L’espérance n’est pas nécessairement une valeur possible de la variable aléatoire. Elle décrit une moyenne théorique.
7. Que signifie un jeu équitable ?
Dans ce modèle, un jeu est équitable pour le joueur lorsque l’espérance de son gain net est nulle : il n’existe alors ni avantage ni désavantage moyen.
8. Quel est le prix équitable ?
Deux euros, puisque \(E(Y)=2\). En payant 2 euros, le gain net moyen \(E(Y-2)\) vaut zéro.
9. Pourquoi le prix de 2,50 euros désavantage-t-il le joueur ?
Parce que \(E(Y-2{,}50)=2-2{,}50=-0{,}50\) euro par partie.
10. Quelle est la probabilité de recevoir un lot ?
Les faces 4, 5 et 6 donnent un lot, soit \(3/6=1/2\). Attention : la probabilité de gagner quelque chose ne suffit pas pour juger l’équité.
11. Si l’on joue dix fois, perd-on obligatoirement cinq euros ?
Non. La perte moyenne attendue vaut cinq euros, mais la somme effectivement obtenue est aléatoire et peut être très différente.
12. Pourquoi multiplie-t-on l’espérance par le nombre de parties ?
La linéarité de l’espérance donne \(E(X_1+\dots+X_n)=\sum E(X_i)=nE(X)\). Elle est vraie même sans indépendance, pourvu que ces espérances existent.
13. À quoi sert une simulation ?
Elle permet d’observer des résultats aléatoires et de comparer une moyenne empirique à l’espérance théorique. La simulation ne remplace pas la démonstration.
14. Que devient l’espérance si le ticket passe à trois euros ?
Elle vaut \(2-3=-1\) euro par partie : le jeu devient moins favorable au joueur.
15. Quelle est la principale limite du modèle ?
Il suppose un dé équilibré, des lots disponibles à l’identique et une valeur monétaire de lot qui correspond à l’intérêt réel du joueur.

5 relances pour aller plus loin

Relance 1. La linéarité de l’espérance exige-t-elle que les lancers soient indépendants ?
Non : \(E(X+Y)=E(X)+E(Y)\) ne nécessite pas l’indépendance. En revanche, celle-ci aide à prévoir les fluctuations et à appliquer certaines formes de la loi des grands nombres.
Relance 2. Comment mesurer la dispersion des lots ?
\(E(Y^2)=0+9\times2/6+36\times1/6=9\). Donc \(V(Y)=9-2^2=5\ \text{€}^2\). Retirer un prix fixe ne change pas la variance.
Relance 3. Pourquoi gagner une fois sur deux ne garantit-il pas un jeu équitable ?
Parce que la fréquence de victoire ne tient pas compte des montants. On peut gagner un petit lot souvent et perdre un montant plus grand les autres fois.
Relance 4. Un jeu est-il forcément intéressant si son espérance est positive ?
Pas nécessairement : les pertes possibles, le budget, la variabilité et le fait que l’on ne joue qu’un nombre limité de fois sont aussi importants.
Relance 5. Comment retrouver le prix du ticket qui garantit \(E(X)\geq 0\) ?
Écrire \(2-c\geq0\), soit \(c\leq2\). Cette inégalité est valable dans le modèle donné.

Pour vérifier et approfondir

Ces dossiers proposent des modèles mathématiques explicitement simplifiés ; ils ne remplacent ni une enquête scientifique ni les observations du terrain.

Petit plan à retenir pour l’oral

  1. Présenter les trois lots et le prix du ticket.
  2. Établir la loi de probabilité de la valeur du lot.
  3. Calculer l’espérance de 2 euros puis le gain net de −0,50 euro.
  4. Définir un prix équitable : 2 euros.
  5. Expliquer ce que l’espérance ne garantit pas et les limites du modèle.

Un jeu équitable possède une espérance de gain net nulle ; le prix du ticket doit ici être de 2 euros.